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| 03-08-07 Deuxième service
Après avoir changé le papier peint, tenté des retours successifs, cassé les murs et modifié la bannière : c'est décidé, "mon sitcom" c'est fini !... Vive "ça sent pas la rose", mon nouveau blog. Nouvelle maison mais toujours le même ton. Et puis tant qu'on y est, je change aussi de déguisement : au placard "Fabulous Lorenza", appelez-moi désormais Rosa Rose (en roulant les "r" d'un air mystérieux, si possible). 30-03-07 Lâchez le fauve !
En ces jours « extra ordinaires », le rituel auquel nous assistions -moi à l’âge de raison et ma sœur encore tout accaparée par ses dents de lait- était invariable : ma grand-mère Marcelle pomponnée, la chevelure crantée, le teint poudré, le tailleur impeccable, s’en allait dans sa chambre libérer sa très chère bête avec un plaisir non dissimulé. Le pas dans les escaliers, la porte qui grince un peu, le cliquetis si caractéristique de la penderie, quelques minutes de silence angoissant à peine contrarié par le bruit de frottement d’un carton, un rapide coup d’œil échangé : les mots étaient inutiles, nous le savions toutes deux, ça y est, LA bête était lâchée. Chacun pour soi et sauve qui peut. À peine disposé autour de son cou et déjà ma grand-mère réapparaissait devant son public conquis d’avance, son putois pendant sur les épaules, subtilement assorti à la doublure et aux boutons de sa veste. Ah ! Le détail qui change tout. En matière de mode, Marcelle aimait la précision, goût de l’infiniment petit hérité des années de minutieux apprentissage passées devant sa machine à coudre à pédale. « Toujours aussi élégante ! » s’exclamait en général mon père, bon joueur de pipeau qui connaissait la musique par cœur. « Ah oui, vous êtes très chic » renchérissait ma mère, l’air toujours sincèrement ébahi de la personne surentraînée à la flatterie qui tombe à pic. Je dois bien l’avouer, il avait plutôt du chien ce putois. Un pelage discrètement auburn, « sobre et de bon ton » aurait pompeusement titré Le Petit Écho de la Mode, des pattes graciles, une queue encore fort bien fournie compte tenu de son grand âge. Une belle bête née au milieu des fifties, toujours d’attaque en cette fin des années 80, sacrifiée sur l’autel de la tendance. Pour la bonne cause, répliqueraient les fashionistas de l’époque. Une honte, s’égosilleraient aujourd’hui les « plutôt à poil qu’en fourrure ». Invariablement, l’attention finissait par se porter sur moi et ma soeur. Ma grand-mère, soucieuse de partager avec sa descendance son attrait pour les « belles choses », les « beaux habits » et « les beaux souliers », se plaçait alors à notre hauteur. « Vous pouvez toucher si vous voulez, c’est très doux » nous encourageait-elle, pas peu fière d’arborer le putois de sa vie, fastueux cadeau d’anniversaire de mariage, et de nous accorder l’immense privilège de nous en approcher. À ce moment précis, l’aspect « doux » du monstre ne me sautait pas franchement aux yeux, trop occupée que j’étais à fixer le petit morceau de cuir teinté qui servait désormais de truffe d’apparat à cette pauvre bête. Là où certaines (ma grand-mère et ses très chics amies couturières) y voyaient un accessoire de mode essentiel, moi je ne percevais en cette chose qu’un animal mort. Et rien d’autre. Aurait-on idée de sortir aujourd’hui dans la rue par une froide journée d’hiver avec des gants fourrés en poils d’écureuil, une tête de castor sur les épaules et un manteau en poils de bique ? Non… Quoique, j’ai ouï-dire que certaines résistantes de la première heure cachaient encore dans leur dressing quelques beaux trophées de chasse. Par politesse, par affection, par faiblesse ou tout simplement par peur de dire non, peu importe, je finissais toujours par m’exécuter, approchant ma blanche main d’innocente enfant de la tête de l’affreuse bête, la flattant du bout des doigts. Fermement décidée à ne pas subir en solitaire la douce torture, je n’oubliais jamais d’entraîner ma sœur dans cette terrible épreuve. « Oui, touche, toi aussi, tu vas voir c’est très doux » lui disais-je, l’œil suppliant et le sourire contrit. Ma cadette, coupe à la Louise Brooks, yeux effarés, petite bouche close, les jambes en coton dans son petit pantalon en velours côtelé à bretelles, suivait le mouvement, la main aussi détendue que peut l’être celle d’un robot arthritique. Le putois nous avait eu en beauté, encore une fois. À cet instant très précis, j’aurais juré qu’il me dévorait de son regard perçant, enfin disons de ses deux billes de verre bigarré à effet trompe l’oeil. La tension psychologique à son comble, avis de tempête sous deux petits crâne. Le cerveau en mode « off », nous caressions lentement et en simultané le pelage du macchabée, des mines réjouies de circonstance douloureusement accrochées à nos visages potelés. Allez, une dernière tape sur la tête du putois pour la route et « pour faire plaisir ». Puis le gong mental et final retentissait. Ces secondes-là avaient duré des heures. Plusieurs minutes nous étaient par la suite nécessaires pour revenir complètement à notre monde d’enfant peuplé de Babar, de Bisounours et de Bambi. Le putois, reconnaissons-le, il y a mieux pour faire rêver une petite fille. « Tiens, je t’ai acheté un joli putois en peluche pour ton anniversaire »… Brrrrr, j’en ai presque froid dans le dos. On dit que les enfants sont parfois cruels. J’ajouterais même atrocement cruels. J’avoue, il y a maintenant prescription : oui il m’arrivait de faire peur à ma très chère sœur en lui jurant à voix basse, dans la pénombre et le secret de notre chambre commune, que cette bête-là sortait parfois de son carton, la nuit, à l’insu des adultes, pour venir mordiller les doigts de pieds des enfants de moins de quatre ans. Allez savoir pourquoi, ce putois aimait la chair fraîche. Pour ma part, le fait d’avoir franchi le cap des huit ans me mettait, par chance et pas tout à fait par hasard, hors de danger. Les années ont passé, le putois est parti, vivre sans doute sa vie hors de prix dans un magasin vintage pour amateur du genre « bête à poils morte à s’enrouler autour du cou ». Dieu de la mode soit loué, les putois ne courront sûrement plus jamais les rues… Mais les tendances sont hélas tellement volatiles qu’il m’arrive de craindre le pire. La panthère, les leggings, les talons compensés, les minijupes et les jeans ultra slim, soit. Mais le putois, merci, mais cette fois vraiment, ce sera sans moi. PS : Et si vous aimez joindre le futile à l'agréable c'est par là. Oui, là. Mais puisque je vous que c'est là ! 04-12-06 Un blog peut en cacher des autres
Après une tentative de retour avortée (voir archives), une autre (voir archives), une autre (voir archives) et encore une autre (voir archives) ainsi qu'un début de blog laissé pour mort (voir archives), me revoilà. Dans mon chapeau : un nouveau blog nommé Post Hit. Parce que les tendances tiennent souvent sur des post-it et que la saison suivante on en fait des confettis. Bref, du blabla(bla) pour dire d'aller faire un tour là-bas : http://www.posthit.canalblog.com. Une nouvelle presque fraîche* (*un petit goût de déjà vu) : mon sitcom (suspendu pour cause de grève de la scénariste et mutinerie chez les acteurs) revient bientôt sur vos écrans. Le temps de repeindre le décor, faire un peu la poussière et installer la nouvelle bannière. Revenir, oui !* (*mais dans de bonnes conditions, nom d'un blog !). Vous pouvez aussi aller voir là-haut, j'y suis aussi : http://talonnette.free.fr/talonnette.html. 18-08-06 Le cabinet de curiosités
Sur l’endroit, j’avais eu vent des pires rumeurs. Mireille, femme de ménage des lieux, 15 ans de sévices, m’avait tout dit, citant des noms et des faits précis, plissant des yeux et hochant frénétiquement de la tête avec cet air habité et vaguement inquiétant d'indic qui en sait trop. Arrivée il y a un mois à peine, je collectionnais déjà d'affreuses confidences, secrets lourds à porter dont elle se délestait habituellement entre deux portes et à voix basse. Il fallait se rendre à l’évidence, vu « des cabinets » l’humanité n’était pas très reluisante. L’agent Canard WC est au rapport, les révélations sordides s’enchaînent. Personne n’est épargné, c’est que Mireille a une mémoire très bien rangée. Stoïque j’encaisse, moi qui aimais à penser que mes collègues ne « faisaient » que dans le secret de leurs tanières. J’apprends que Marc, homme respecté de ses pairs, a pour habitude de « mal visé » et « pas que pour la petite commission ». Gros, très gros points de suspension. Quant à Jérôme, c’est bien simple « on le suit carrément à la trace ». Pire, Elodie, jeune femme fort bien de sa personne, se lave que très rarement les mains « en sortant ». Et dire que tout à l’heure, elle a gentiment proposé de sucrer mon café… La collectivité réveillerait donc les plus bas instincts, poussant l’être humain à « faire » sur son lieu de travail ce qu’il n’oserait « faire » en son logis. Resurgit alors le souvenir des toilettes du collège, lieu puissamment olfactif et visuellement cauchemardesque où la fumée des premières Marlboro faisait office de parfum d‘ambiance. L’adolescence vue des coulisses n'avait rien d'une sitcom. Au seuil de ce défouloir, nombreux sont ceux qui prenaient une grande inspiration. En semi-apnée, il s’agissait d‘accomplir sa mission au plus vite puis, le chrono dans les poumons, se laver brièvement les mains avant de dénicher, au bord de l’asphyxie, 65 kg de livres dans le sac à dos, un cm2 de tissu à peu près propre dans ce qui n’avait pas volé son nom de torchon. Siège des rumeurs les plus folles (les règlements de compte se gravaient dans le bois et au compas sur la porte du troisième toilette en partant de la gauche), l’endroit n’était d’ailleurs fréquenté que par les demi-pensionnaires, population contrainte et forcée à soulager des impératifs honteusement naturels. J’étais des leurs, mon cartable Chevignon en guise de poids mort, les frites molles lourdes sur l‘estomac. Treize ans plus tard rien n’a changé. Parce que je me savais observée, un temps j'évitai les toilettes du bureau, lieu de tous les dangers où, sous les yeux perçants de Mireille, se faisaient et surtout défaisaient les réputations des plus grands. Peaufinant mon image glamour de fille en plastique, je résistai, donc, une semaine, pas plus. Car rattrapée par la perspective peu réjouissante du port d’une vessie artificielle, je finis par céder à Dame Nature pour cotoyer désormais quotidiennement Jacob Delafon. Comme tout le monde. J’ai lu récemment dans une revue spécialisée de gens très au fait des tendances que la décoration des toilettes intéressait de plus en plus les foyers français. Les 35h, l’ennui, la dépression aidant sûrement. Les sondages eurent pour une fois raison car un jour de printemps 2006 Mireille eu envie de changement et entreprit dans les petits coins ses sept travaux d'Hercule. Exit la brosse, la cuvette et le désodorisant. Le plastique jauni fut remplacé par un décor aquatique peuplé de dauphins sautillants, de molusques et de poissons chats. Dans le grand bleu, ce fut le grand blanc. Cette ambiance sous-marine parfumée à la vanille des îles ne tarda pas (hélas) à être entâchée puisque le lundi suivant ce lieu cosy devint le théâtre d'une macabre mise en scène. Aux aurores (13h30), Viviane, personnage nerveusement éprouvant et hautement dépressif, découvrit sur la cuvette « un filet de sang » et le piailla à qui voulait l’entendre, c’est à dire personne. Ma relative jeunesse, mon inconscience, cette satanée empathie firent de moi le témoin idéal en charge de venir constater in situ l’ignoble souillure. Sur les lieux du crime, me voilà apprenti détective, prisonnier d’une mauvaise copie de Cluedo achetée au discount du coin. Je constate, je confirme, me demande ce que je fais ici, me promets d’envoyer des CV, me jure d’être partie d’ici la fin de l’année. L’arme du crime n’est pas loin et dépasse même de la poubelle à pédale dauphins en folie joliement assortie à l’ensemble. Cette fois c’est sûr, quelqu’un (de fines déductions permettront plus tard à Viviane de découvrir qu’il ne peut s’agir que d’une personne de sexe féminin) est « indisposé ». Mireille, permanentée et désabusée, eu le mot de la fin, concluant ce chapitre sanglant par un non moins saignant « tous des porcs de toute façon ». Note pour plus tard : fuir, le plus vite possible. 09-07-06 Vous reprendrez bien un peu de sourire?
La bonne volonté n’y change rien, l’alcool qui pétille non plus, l’étouffement par overdose de petits fours « à la ganache de concombres et d’abricots relevée d'une touche d'ail et fines herbes » encore moins. Le destin, fessu, a pris ses aises. Nous voilà face à face, sourires douloureusement bloqués aux lèvres, points faibles dans le sac à main et rien à se dire, rien en commun, rien, rien, rien, nada je vous dis. Il paraît que le temps court. Dommage, ici, maintenant, tout de suite, il est grabataire. Fuir par n’importe quels moyens, l’idée bien sûr me traverse l’esprit. M’échapper par la petite lucarne des toilettes pour dames, enchaîner incognito une série de roulades entre les convives jusqu’à la porte de sortie, prétexter un problème familial grave et si possible peu glamour : « c’est que depuis deux jours mon yorkshire souffre de diarrhées aiguës, alors vous comprenez, moi, tout ces tralala… ». Et puis non, la fierté de l’apprenti mondain et forcé reprend le dessus : j’y suis, j’y reste. Il s’agit alors d’improviser. Autour de moi, les comédiens sont déjà à l’œuvre, rivalisant de mauvais esprit. Apparemment, la gentillesse se porte mal ce printemps-été 06, elle boudine beaucoup trop les egos. a Là-bas, une vamp sur le retour dorée à point avance des arguments de taille ficelés à la va vite dans ce qui semble être corsage. Plus loin, un homme de culture confie à une blonde Dolce & Gabbanisée combien ce genre de réunion le lasse, lui l’artiste dans l’âme, sa serviette en papier sur le point de céder sous le poids d’une petite montagne de macarons, joli début d’un kit de survie pour assiégé de luxe. Ce soir-là et comme toujours, bon nombre de lunettes de soleil se portent en serre-tête. Même en pleine hiver, c’est la règle. Cette étrange pratique m’a toujours intrigué, suscitant, pour peu que l’on s’y intéresse, une foule d'angoissantes questions : sont-elles fixer à la Super Glu ? Les posent-ils avant de dormir ?… J’en ai le vertige. a Les sourires s’échangent, les regards se cherchent, les postures se prennent. « Et ton tailleur, chérie, c’est du Chacha* (*Chanel) ? » lance une convive avertie à une malheureuse victime* (*il sera plus tard avéré que ce n’était effectivement pas du Chacha). Plus c’est toc plus c’est chic et ça qui est choc. Mieux vaut ne pas avoir quelques kilos en trop, le dress code c’est légèreté, les soucis au vestiaire et la sincérité (la quoi ?) à la poubelle, manquerait plus que ça bordel. « Moi quand je me sens mal à l’aise, j’en fait des caisses » m’a dit un jour une connaissance rompue aux techniques de remplissage en zone de vide. Ce soir-là, dans sa robe en soie elle manœuvre effectivement (et péniblement) son 33 tonnes, aligne les bons mots tel Julien Lepers au meilleur de sa forme. Alternant les intonations, elle ridiculise l’un, flatte l’autre, papillonne dans tous les sens, sûre de son humour, beaucoup moins de ses amours. Amusante deux secondes, gonflante après. Pour le moment autour d’elle la cour s’esclaffe, rang serré de visages déformés par l’hilarité. J’aurai du prendre l’option « art de la joie » au baccalauréat, ça m’apprendra. La thérapie par le rire forcé semble fonctionner. A tour de rôle, on pioche docilement dans le catalogue des sujets imposés, page 404-405 « COMMENT TISSER UN SEMBLANT DE LIEN SOCIAL EN MILIEU PLUS OU MOINS HOSTILE ». Parmi les figures imposées, il convient de distinguer les grands classiques. Indémodables, infroissables. Voici quelques-uns de ces « must have » à décongeler en cas d’urgence : Page 404 - réf.404.5689 : LA METEO Peu impliquant, franchement chiant, la pluie et le beau temps permet de lancer de nombreux débats captivants : - la climatisation : ses bienfaits, ses limites, ses dangers - pour ou contre les ventilateurs sur pieds - lacanicule peut-elle encore frapper et si oui la France est-elle prête? Chacun y va alors de sa petite température « relevée hier après-midi sous abris » et de son expérience plus ou moins traumatisante. Nous voilà octogénaires, installés sur un banc, à la fraîche, devisant très sérieusement de météo tout en comptant les voitures défiler. « Mon bureau est plein sud et dès 15h30 c’est intenable, même avec les ventilos » m’apprend gravement une petite blonde. Je compatis, écarquille un peu les yeux en signe de compassion et me fend pour la route d’un « ah oui en effet ». « Du coup j’arrive à 8h et je fais journée continue pour pouvoir partir plus tôt » enchaîne t-elle l'air entendu. Je suis rassurée. L’esprit critique en mode off, je recueille d’autres confidences douloureuses. Et cette maudite pluie qui « abîme le cuir de manière quasi irréversible » ! (phrase authentoc). Je me révolte, j’acquiesce, je suis toujours d’accord. Sans parapluie sous une pluie de poncifs, l’humeur est morose mais le sourire de rigueur. Histoire de gagner du temps. Page 404 - réf.902.98625 : LES RAGOTS
Pour être efficace ce sujet doit être lancé avec moult précautions, l’air de ne pas y toucher. Un innocent « et machin/machine vous avez des nouvelles ? » peut suffire à ouvrir le bal des cobras. Dans la cour de maternelle, en tout cas la mienne, la rancœur s’extériorisait à coups de poignées de sable lancées rageusement dans les yeux de son adversaire. Rien ne change vraiment, finalement. La méchanceté est des nôtres. Petites réflexions, attaques larvées et autres compliments au cyanure ne sont pas à prendre au premier degré car ils sont souvent dits « sans méchanceté, sans y penser ». « Elle est mignonne, certes, mais j'ai toujours pensé qu’elle avait une tête de teckel » me dit tout haut et tout de go untelle à propos de bidule, une bonne copine à elle. Entre amis, tout est permis. a Page 405 - réf. 125.8745 : LE DERNIER CD/LIVRE/FILM/ŒUVRE MAJEURE A ECOUTER/LIRE AB-SO-LU-MENT : « Non vraiment, ça ne me dit rien ». Malgré cette aveu d’ignorance, drapeau blanc sortie de guerre culturelle lasse, elle insiste et me décrit tout de A à Z en passant par des lettres qui n'existent pas : la musique, les paroles, le style, l’intrigue, les rebondissements. Elle ménage ses effets, entretient le suspense, mon calme* (*de façade) ne tient d’ailleurs plus qu’à un fil. « T’as regardé Arte hier soir ? », voilà comment je me suis bêtement tombée dans le piège. Oui ou non, à vrai dire peu importe car, à cet instant précis, le besogneux récit a déjà commencé. Rien ne me sera épargné. Pour lui signifier que je suis toujours en vie, je feins l’intérêt mais sans plus, il faudrait pas non plus que se sente trop en confiance, le jeu d'acteur réclame de la subtilité. De toute façon elle s’en fout et enchaîne, me perd dans les détails plissés d’un costume, m’étouffe sous un tas de blabla, m’oppresse par ses analyses personnelles et me balade dans les méandres de son cerveau malade. Elle aime « échanger avec autrui », c’est ce qu’elle dit. C’est vrai quoi, on n’est pas des bœufs, après tout. Au terme de cet échange unilatéral je parviens à aligner quelques mots mal fagotés : « dis donc ça donne envie ». Euh... C'est par où la sortie? a " Bah t'es là toi? " a 01-07-06 Vous avez 1 nouveau message
Avant de revenir ici (si, si promis), je m’amuse là-bas. Parce que la mode c’est surtout pas du sérieux. Parce qu’un problème d’ourlet mal géré à l’instant T peut dévaster une personnalité. Parce qu'il suffit parfois d'une cravate bien coordonnée pour tout changer. Parce qu’il faut rigoler (des fois). J'ai un deuxième blog pour résumer : www.questiondemode.canalblog.com A 25-03-06 Non rien, enfin si quand même
Bientôt la saison 2* (*parce qu'il y a des saisons dans ce boui-boui ?) Avec : des singes qui parlent et des femmes qui rient, des gens qui pensent à gauche et s’épanchent à droite, des professionnels très professionnels, des franges asymétriques et des pensées bancales, des chauffeurs de taxis philosophes, des coqs sur leurs ergots, des ego plus gros que gros, des sentiments en promotion, de la sincérité à prix cassés, de la « sexy attitude » à revendre (phrase entendue puis déposée), des gars lourds et des phrases extra plates. De tout et de rien. Surtout. 29-01-06 Le vestimentaire ment
Une casquette de jockey à visière molle en toile cirée molletonnée couleur rose fuchsia égayée d’un Donald Duck frémissant du bec imprimé sur la partie avant. Voilà comment tout à commencé. C’est ce que je dirai, allongée sur un divan en velours ras couleur rouge sang (j’y tiens), une vue imprenable sur mes chaussures neuves, à - 50 ou - 30% je ne sais plus très bien, une affaire quoi. Il me faudrait me remémorer ce matin d’hiver douloureux, jour à marquer d’une casquette rose fuchsia, pendant monstrueux d’une course effrénée à l’accessoire, traumatisme vestimentaire orchestrée par ma propre mère, croyant "bien faire", commanditaire involontaire d’un acte de cruauté mentale à l’encontre d’une enfant de 5 ans. Elle récidivera quatre ans plus tard, en offrant à ma sœur, 4 ans, et moi depuis longtemps à l'âge de déraison, deux chapkas bordées de fourrure. Noire pour moi, blanche pour elle. Persuadées du fait que "l'hiver toutes les filles à la mode portent des chapkas"* (*bon sang, un peu de compassion, en 91 nous étions (encore) naïves et les ipod n’étaient pas (encore) assortis aux grenouillères), on nous voit sourire sur les photos, joyeusement inconscientes, deux apprenties fausses moscovites sacrifiées sur l'autel de la tendance. C’est moche. Trahies par les siens, parias de la mode, inscrites d’office sur la black list de la fashion police. Parce que ceci entraîne cela, la simple évocation de cette casquette de jockey à visière molle en toile cirée molletonnée couleur rose fuchsia égayée d’un Donald Duck frémissant du bec imprimé sur la partie avant fera surgir de ma mémoire (habilement sélective) des souvenirs éprouvants, en vrac : mes pas dans la cour de récré munie de cette horreur sous les yeux des chefs du gang le plus puissant des maternelles grande section, éclateurs chevronnés et sans pitié de coquilles d’escargots, arracheurs professionnels d’ailes d’abeilles, de coccinelles et, les jours fastes, de papillons. Des durs quoi, défiant l’autorité parentale, n’hésitant pas à couvrir leurs avant-bras de tattoos Dragon Ball Z dénichés au fond des paquets de Miel Pops. Pas le genre à se laisser imposer huit heures d'affilées une casquette de jockey à visière molle en toile cirée molletonnée couleur rose fuchsia égayée d’un Donald Duck frémissant du bec imprimé sur la partie avant. Vraiment pas. Pourquoi ne pas m’être débattue ? Pourquoi ne pas avoir hurlé à la faute de goût ? Oui, pourquoi avoir gardé cette monstruosité sur la tête sous l’œil goguenard de "la petite* Noisette", mon ennemie jurée en cette année 87 (*"Noisette" c'est son nom de famille et "petite" c’est à cause de sa taille, les gamins sont méchants c'est bien connu), jubilant à l’idée de me voir répudiée du club Barbie* ? (*j’étais inscrite, comme tout le monde, j’ai même reçu une lettre de menace déguisée lorsque j’ai décidé de quitter Silicon Valley). Parce que j’étais une enfant sage malgré quelques fréquentations pyromanes s’adonnant, par temps de pluie, à l’art du départ de feu, à l’abri des doubles foyers de Monique V., institutrice hystérique au postillon ravageur. Les séances s’enchaîneraient, les escarpins, BO, vestes, manteaux, colliers également. La psychothérapie commencerait à porter ses fruits. J’établirai mentalement une chronologie, me souviendrai des dates et vêtements marquants, les affreux, classés "sorties de route". De la penderie entrouverte s’échapperaient alors des oripeaux oubliés, cadavres en acrylique étouffés à la va-vite dans des sacs plastiques. 1993, j’assiste à un cour de maths dans un cardigan à pressions vert sapin imprimé petits sapins, ça tombe bien. Ma voisine de table, Alexandra J., s'en souvient. 1994, la vague des caleçons stretch déformés aux genoux en fin de journée, "tip top" si portés avec des jambières, des Dr Martens et des pulls informes, fait une victime, moi et quelques millions d’autres brebis égarées dans les bas fond de l’élasthanne. Elle Mc Pherson est "the body", nous* (*j’insiste, je n’étais pas la seule dans cette galère) les boudins* (*je tiens à préciser que le stretch ne pardonne rien, absolument rien, même pas un petit genou presque pas tordu de rien du tout). La même année, on me voit débouler un matin de décembre affublée d’un collant à motifs nounours dont la matière reste encore à ce jour non identifiée. Je touche le fond de la piscine et dieu soit loué pas en pull marine. 1995, je m’amourache d’un duffle coat bleu pétrole en laine bouillie. Ma sœur, 7 ans, tente de me faire entendre raison. En vain. Déchaînée et sans repères, je le combine à des collants rouges. La situation devient explosive, ma mère laisse faire. 1996, je flash sur des chaussures à damier bicolore. Une Jessica me demande si je compte postuler au cirque Bouglione. Je pleure en rentrant chez moi, incomprise et les range à jamais dans leur carton. Jessica, je te hais. 1997, j’ai le coup de foudre pour un pull col V beige en mailles de coton mal dégrossies couvrant les fesses juste comme il faut. En cours d'éducation physique et sportive, les filles se nouent des pulls autour de la taille pensant cacher cette monstruosité que l’on appelle fessiers. C’est la période "moins j’en montre, mieux je me porte". Tout est relatif. 1998, après une période passe-muraille (couleurs de prédilection : noir et gris foncé), je succombe au trip néo-baba retour de Goa suite à ma forte inclinaison pour un "vieux", un terminale, donnant dans les dreadlocks. Blouses en voile de coton brodé, jeans pat d’éph’, veste en velours côtelé d’étudiants chevelus et contestataires, mon rêve est d’acquérir aux fripes une veste crasseuse en cuir baignant dans son jus depuis les seventie’s. Ma mère, encore elle, fera échouer ce beau projet. 2000, la jupe se porte sur des collants résilles combinée à des baskets, Adidas Country réédition 70. "On aura tout vu", Catherine P., amie de ma mère. 2002, dernier dérapage vestimentaire en date. Sur un coup de tête je deviens propriétaire d’une espèce de robe/blouse rose assortie aux pointes de mes cheveux, période "on a des coupes de tifs merdiques et asymétriques". Vénus Beauté Institut est rediffusée sur TF1. "Vous faites aussi le maillot ?" s’enquiert un lundi matin une personne mal intentionnée. La robe rose rejoint les chaussures bicolores à l’étage des mal aimés trop vite jugés. Je savoure ma madeleine de Proust, miettes de mauvais goût éparpillées ça et là. A ce stade, j’en serai à ma énième séance, plus très loin de la prise de conscience, en mesure d’expliquer pourquoi la vue chez un homme de chaussettes cartoon/T-shirt Superman ou Homer Simpson/"top" resserré aux manches/chemise en voile de coton vert pomme à boutons nacrés me plonge dans des abîmes de réflexion. Les apparences ne comptent pas, l’habit ne fait pas le moine et la chemisette ne fait pas l’homme. Je sais tout cela, je suis d’accord et pourtant. Mais désormais j’ai une excuse, alibi psychologique et traumatique. Trop vu d’horreurs pendant la guerre. Ma guerre, contre moi-même. "j'ai toujours aimé les chaussettes rouges et jaunes à petits pois" 22-01-06 Guy Mauve
- Ne va pas croire que ce post parle (un peu) de moi, tu aurais (sûrement) raison - ROMANTIQUE (romantisme, "Oh, it’s so romantic !" (voix suraiguë) et dérivés). Il est le mot par qui la vie format carte postale arrive. Au rayon "mots monstrueux" c’est une terreur, celle des filles (trop) sarcastiques, drapées depuis longtemps dans l'autodérision. "Mais tous ces sarcasmes (mâtinés d’une pointe de cynisme) ne sont qu’une façade je vous le jure !" auraient pu répliquer JR, salaud de capitaliste ou Nelly Olson, peste jusqu’à la moelle, petits êtres sensibles "en vérité" sous leurs masques de fond de teint. Je pense à C., celle qui, un samedi soir tranquille de janvier, reçu sur son portable une atrocité parfumée signée d’un Guy Mauve inspiré : "Bisous à toi ma douce belle, je brûle de te voir*" (*cette phrase magique mérite l'italique, au moins). Un de ces confiseurs de l'amour-toujours que les filles (trop) cyniques envoient sans sommation (mais avec tact) sur le bûcher des feux de l’humour. Il voulait "bien faire". Certes. C’est un gentil garçon. Certes. Rien à faire, deux obscènités sont à jamais brodées au point de croix dans sa mémoire : « douce » et « belle », collés au UHU et dégoulinants pourtant de toutes parts. Manquait plus que le coup de grâce, les trois mots, les fameux, enveloppés dans du papier de soie. Faire avec. Après. Laisser les gondoles à Venise, les couler si possible. Refuser caramels, bonbons et chocolats, prétexter l’allergie. Jeter les Chamallow, envoyer une première lettre de menace à Haribo. Mais il y a pire, LES deux autres mots, "nous" et "couple", imprononçables pour tout phobique de l’amour IKEA qui se respecte, parfois regroupés parce que "le contexte s’y prête". Sûrement la jeunesse m'ont prévenu certains. Toujours cette maudite impression d'être l'actrice bof d'un sitcom bof-bof sur fond de "Mon cœur te dit je t’*bip*" beuglé par un Frédéric François convaincu (pour la bonne cause, la sienne) mais pas convaincant. À noter : "Toutes les femmes sont belles" de Franck Michaël fonctionne aussi (pour les plus partageuses), le secret est dans le brushing et le costume trois pièces, old school, coupe italienne. Plus glamourisantÓ, "I’ve got you under my machin" de Franck Sinatra ravira les belles-et-douces-mais-en-fait-farouches en mal de miel récolté exclusivement sur les fleurs sauvages d'un parc protégé. Logiquement, je me pose des questions. Pourquoi soudain le 33 tours grésille, déraille? Paroles et musique ne sont plus en phase, seul subsiste le grotesque et les grosses ficelles en coton de mauvaise qualité. J’imagine que le choix s’effectue à notre insu. Un big boss formé aux jeux de dupes distribue les cartes. Deux possibilités. Tourner à droite si vous pensez pouvoir un jour : - vous forcer à apprécier la lecture biblique de "La femme seule et le prince charmant" de JC Kaufmann, - vous persuader que les témoignages dans Cosmo appartiennent à la "la vérité vraie", - vous dire que Bridget est une chic fille œuvrant pour la libération de la godiche, - vous obliger à estimer que "Tout le bonheur du monde" des Sinsemilia est un bien pour l’humanité et l’industrie du disque. … Les autres, attendez sur le bas-côté. Je caricature ? Bien sûr. J’abuse des stéréotypes ? C’est un principe. Mais n’allez pas croire que les filles (trop) cyniques n’aiment pas le sucre. Le romantisme, elles le pratiquent, pire, elles le cultivent, dans le plus grand secret. Vous savez bien, l’histoire des masques, des faux semblants, des barrières haute sécurité. Il arrive même qu'une fille (trop) sarcastique, me suis-je laissée chuchoter, se laisse tenter par un "Orgueil et Préjugés" dès sa sortie au ciné. Abandonnant pour quelques heures son manteau en papier de verre (intérieur vison) sur le fauteuil d'à côté, elle se laisse aller, captivée, à peine étouffée par les envolées lyriques froufroutantes de rigueur. Du romanti*bip* comme elle l’aime, torturé mais pas trop, cerné mais pas trop, rugueux comme il faut, émaillé de "pars !", "reviens !", "non, fous le camp !", le tout dit avec les yeux, of course, par un dandy distant version JP Bacri période Angleterre collet monté. Posé sur pellicule, un baiser sur fond de coucher de soleil ne lui pose pas de problème. QUOI ! Même si LA scène se déroule aux aurores, en pleine campagne et que l’héroïne arbore une robe vaporeuse, immaculée au décolleté Empire?* (*à lire comme d'habitude d'une seule traite) Non, vraiment, aucun problème. A ce moment-là, vous pourriez lui/me demander si elle/j'aime le canevas car portée par l’ambiance, elle/je vous répondrai(t)(s) que oui, effectivemment, elle/j'adore ça. A la porte déjà, Ségara trépigne en robe de satin effets moirés, Fabian réajuste son tailleur et ses bons sentiments. En vain. Car une fois les lumières allumées, les filles (trop) sarcastiques se rattrapent souvent par un : "c’était un peu gnangnan, non ?". NON* (*mais n’allez surtout pas le répéter). "Douce et belle... Ça me rappelle une pub pour une crème dépilatoire..." 22-11-05 Day dream
Depuis toujours je rêve d’une chose, d’une seule* (*deux en réalité si l’on compte mon envie d’acheter un caniche royal et de le teindre en rose - taux de réussite = 2% étant entourée de personnes raisonnables : « mais bon sang tu sais ce que c’est d’entretenir un caniche géant ? » Oui, lui acheter un collier en faux diamants). Pour en revenir à nos moutons* (*notons que le port de faux diams sur toison immaculée peut être du meilleur effet en zone mondêêêne) je rêve du jour où ventilateurs poussés au maximum, cheveux dans le vent donc, la main sur le cœur et les yeux dans le vague* (*c’est tout ce que j’ai trouvé pour avoir l’air « inspirée ») je prononcerai ces quelques mots : «ça y est, j’ai arrêté ». Mots à replacer dans le bon ordre et à copier/coller dans la phrase définitive énoncée ci-dessus : la TV, regarder, de, définitivement, presque. Et pour être sûre d’être comprise, d’avoir réussi à faire passer le message© je répéterai en criant genre je me sens libre donc je hurle* (*le « et inversement » ne fonctionne pas dans ce cas précis) : « oui, j’ai définitivement arrêté de regarder la TV ». Du bouts des lèvres, je lâcherai ce dernier mot devenu vulgaire* (* prononcer « voulgaire » afin de détendre un peu l’atmosphère) tout en brisant ma télécommande* (*que j’aurai préalablement glissée dans mon sac pour les besoins de la scène) d’un ultime coup de talon libérateur. Avec pertes et fracas ambiance fin de soirée ouzo à gogo dans un resto grecque. C’est dans cet état émotionnel perturbé que j’ajouterai* (*l’emploi du futur de l’indicatif risque à la longue de devenir pénible, merci de nous excuser pour les désagréments occasionnés) alors un peu plus bas un petit « presque » de rien du tout. Presque car mon propos serait à nuancer, j’aurai arrêté mais-pas-tout-à-fait-en-fait. Parce qu’étant « une fille de mon époque », j’aurai su « prendre de la distance » et fait le tri après une fine analyse de la situation : émissions « biens » / émissions « pas biens ». Ceci explique cela* (*vous aussi chez vous customisez vos phrases avec des expressions à monter soi-même) j’ai grandi avec le mythe Thalassa* (*il faut bien insister sur le « ssa » ). L’émission des dissidents, de ceux qui ont dit non. Une musique qui fait peur, un bateau intérieur acajou, cinq personnes, un présentateur bien garni (capillairement parlant), des « private joke » appliquées au monde marin mais-tu-ne-peux-pas-comprendre et surtout des reportages, avec un grand « R », à rouler la gueule enfarinée. Mon père hypnotisé. Ma mère assoupie. C’est le « Thalassa Power ». Evoquer avec poésie la reproduction des mérous un lundi matin peut sauver la vie ou tout du moins redonner ses couleurs d’origines à une image dite « sociale » salie par des jeux de mots dangereux et autres blagues de trop. A 12 ans j’ai compris : regarder Thalassa c’est avoir une aura. Pouvoir dessiner les yeux fermés la coiffure d’avant-garde de Flavie Flament c’est ne pas en avoir et ne rien faire pour s'en procurer une, même d'occasion. Bien qu’ayant pleinement conscience* (*le « pleinement » est ici boudiné dans son costume d’excuse de location) de cette réalité, cela ne m’empêche pas de : - savoir qui est Diana & Brandon. - connaître l’identité de l’auteur de cette phrase définitivement définitive : « tu l’emmerdes avec un grand « A » »* (*l’emploi de la capitale est-il bien raisonnable ?) - pouvoir dire qui est le petit et qui est le grand si l’on me montre une photo de B & F* (*la pudeur, bordel la pudeur !) - avoir regardé une partie* (*levez la main droite…) de MIF* (*un peu d’imagination que diable !) tourné dans le décor à caractère convulsif d’une villa cannoise. Après tout ça, c’est sûr, l’aura je l’ai pas. Même pas un petit halo artificiel. J’en ai trop vu. Embarquée sur le rafiot* (*le « de force » est à ce stade superflu parce que peu crédible) de la médiocrité télévisuelle, le club des yachtmen élégants (mouais), cultivés (mouais) et fans de Thalassa n’est plus qu’un minuscule point à l’horizon. Symboliquement assise dans un fauteuil en moumoute acrylique vert fluo, je vais alors voir le pire et entendre…Quoi ? Le pire aussi. La croisière fut éprouvante, barbouillée de fond de teint, des sourires carnassiers effets pleins phares, des couleurs épileptiques. J’ai vu la coupe approximative des tailleurs de Super Nany, j’ai vu des mamans moches, connes et méchantes* (*meuh nan « toutes les mamans sont belles » dixit Michel D. au taquet) que l’on échangent comme ça pour voir, j’ai vu la couette, super haute, de Super Nany, j’ai vu des rideaux s’ouvrir parce qu’on ne sait jamais, j’ai vu les dents de Super Nany, j’ai vu des relooking de la dernière chance parce que « ça pourra pas être pire », j’ai appris que lorsque l’on veut faire passer un message à son enfant il faut se mettre physiquement à son niveau et le regarder droit dans les yeux, j’ai entendu dire que « le panty c’est sexy ». Ah bon. « On » ne s’en vante pas bien sûr. Si « on » souhaite en parler, sous un angle purement sociologique, mieux vaut s’armer d’un « j’ai entendu dire que ». Les fameux « quelqu’un m’a dit » ou « j’ai une/un ami(e) qui » peuvent fonctionner si consommés avec modération. Ecoeurée, j’étais pourtant, depuis plusieurs mois, sur la pente de la rédemption. Je n’étais (presque) plus très loin (20-25 ans) du jour où déterminée j’aurai déprogrammé ma télé pour ne garder qu’une seule et unique chaîne : Arte. Je me voyais épanouie, à l’abris des rires en boîtes et des clap clap, me contentant de déguster Tracks le jeudi soir, le lancinant « oui mais qu’est-ce qu’il y a sur les autres chaînes ? » en moins. Et puis ce vendredi soir 18 novembre tout à de nouveau basculé. Le fameux « effet de groupe ». Me voici, nous voici (il faut assumer), devant DOMINO DAY. Les lettres capitales m’aident justement à assumer. Quelqu’un aurait (le conditionnel, bordel, le conditionnel!) du avoir la force de dire off car même si « ingurgitée » au trentième degré nos neurones risquaient fort d'être carbonisés au sortir de cette expérience. Le mal est fait. Flavie Flament est là. Petite mine. Tailleur beige, visage beige, coiffure beige, personnalité idem. Elle semble appréhender les deux heures de torture qui l’attendent et ne prend même plus les intonations de fausse gaieté de rigueur. Des dominos, des dominos encore des dominos et de mon côté c’est le trou noir. Je me dis que TF1 a du utiliser le chantage : c’est ça ou plus de prime time en robe lamée Versace ma cocotte, à écouter, l’œil mouillé et les lèvres tremblotantes, Patrick F. faire beugler amour avec toujours. On la comprend, le boulot c’est le boulot et c’est pas facile tous les jours ma p’tite dame* (*vous aussi, chez vous, replacez dans vos conversations des poncifs élimés aux manches). Dave et Denis Brognard, le grand roux* (*cette remarque est purement ornementale car en présence de dominos il faut meubler) la soutiennent. « Pourquoi Dave » dira quelqu’un ? Parce que Vanina, parce que « l’ami Molette »* (*il faut avoir vu la pub pour les fromages hollandais pour comprendre), parce que coupe au bol, parce que Eurovision. Il y a pourtant eu des signes avant-coureurs : cet homme est au bord de la « nervous breakdown » et nous assistons là aux instants les plus sombres de sa descente aux enfers. D’ailleurs il glousse, re-glousse, re-re-glousse, se gausse tentant la « second degré touch » et dit des trucs comme « oh ! C’est un joli pantin désarticulé » parce qu’autour des dominos il y a aussi gros budget déco. Est-ce là une métaphore ? un appel au secours peut-être ? cet homme voit la vie en noir et banc. Endemol est ravi. Un pétage de plombs en direct. Denis tente, lui, de s’enthousiasmer en s'administrant de grandes baffes revigorantes mais ça on ne le voit pas, je le devine: « c’est gracieux » dit-il en scrutant une danseuse hollandaise, Dave le précisera plus tard, déguisée en Esmeralda from le parvis de Notre-Dame et virevoltant avec la légèreté d’un parpaing entre les dominos. C’est du n’importe quoi, quelque dira « c’est de l’impro ou quoi ? ». Clou de la choré, la belle s’allonge par terre, Denis aurait pu dire « c’est super sensuel » mais bizarrement il s’est abstenu. C’est le moment du lâché de dominos sur le corps offert de la demoiselle. « C’est beau » aurait pu dire Dave pas franchement concerné mais il s’est tu, non pas tué, sûrement trop ému. Le public est ravi, une fille au T-shirt rose s’agite franchement exaltée. Visuellement les faits sont là : elle (la fille du public sur laquelle reviendra plusieurs fois le cameraman) ne semble hélas pas avoir suivi les conseils de Playtex. Un bon maintien c’est essentiel. Sordide vous avez dit ? La recette Endemol est imparable : seins - dominos - seins. Je pense que l’on va se quitter là-dessus. Merci. Bonsoir. Message personnel : (pas) merci à A. et F. de m’avoir fait replonger. Si, si, merci. Pour tout. Merci aussi à celle qui m’a avoué un jour à propos de ses penchants télévisuels : « qu’est-ce que j’y peux moi si je ris devant un reportage suivant durant tout un week end dans des salles des fêtes des passionnés de concours canins ? ». Sentence à lire d'une seule traite, recommencez si ce n'est pas le cas. "Cette manie, aussi, de dire tout le temps merci" 16-10-05 Monsieur Cinéma
- Avant de lire ce qui suit il est recommandé d’avoir déjà visionné (en y prenant un plaisir coupable et ce à n’importe quel âge) Sissi face à son destin et/ou Angélique Marquise des Anges et/ou Le Hussard sur le toit et/ou Légendes d’Automne (filmographie de qualité inégale). Si ce n’est pas le cas merci d’y remédier. Il est temps de relever le niveau. - Ce post est haché menu mais difficile à digérer. Vendredi 13h-14h Je discute avec une amie, C., femme intègre et passionnée (par son métier) n’ayant jamais eu/ou projeté d’avoir recours au moindre ultraviolet artificiel. Le vendredi midi c’est débriefing. Alors on parle de tout (physique quantique, fission nucléaire…) et de rien quoi. Alors vous pensez bien que le numéro de bimbo de la grande gigue Dominique de V. sortant des flots ça nous fait ni chaud, ni chaud si ce n’est peut-être froid dans le dos. On évite d’ailleurs d’en parler, par pudeur et surtout peur d’être gagnées par la superficialité. Manquerait plus que ça, alors on se tient, tant bien que mal. Et puis rapidement, par ma faute, c’est le dérapage : je ripe sur une paillette, me vautre dans le gloss Diamond Super Sunshine, finit ma chute dans le nouveau lait pour le corps Sephora Girls senteur fraises des bois et parviens à articuler un : « t’as regardé Fight Club mardi dernier ? ». Non, ne pensez pas que cette remarque soit anodine. Certes ils nous arrivent d’aborder des problématiques polémiques relatives au monde télévisuel : Intéressants les socio-types regroupés par Jean-Luc D. mercredi soir non ? Vertigineuse la mise en abyme orchestrée par B. & F. _ _ _ _ _* soir ? (*non je ne connais pas le jour de diffusion, vous si ?). Mon « t’as regardé Fight Club » est, lui, plus animal, presque inquiet. C. est maligne, se bat bien, tente de nous sauver par l’esquive : « Oh, non, tu sais je l’avais déjà vu plusieurs fois, c’est vrai que l’intrigue est intéressante ». Là, je craque et me coince définitivement le pied, voire la jambe entière, dans ce satané piège à midinette : « oui c’est vrai et puis Brad P. est a tomber* » (*par terre, liquéfiée et en morceaux). C’est la phrase de trop, C. force à son tour sur le blush parfumé texture fondante : « Oh, m’en parle pas, je voulais enregistrer, je suis dégoûtée ». « Dégoûtée »... Bientôt les « j’adore », les gloussements, les oh, la, la, la, la qui n’en finissent pas. Nous sommes perdues et errons trop parfumées sur les chemins de la féminitude* la plus clichée (*c’est beau, c’est du ELLE, merci pour Elle). S’en suit un débat, un vrai, relatif au paradigme Brad P. Une dernière fois, pour la beauté du geste, je tente de m’aggriper à ma dignité en lambeaux : « non, non, je n’ai pas vu 7 ans au Tibet ». Silence, prise de conscience, le sol se dérobe à nouveau : « Naaan, c’est pas vrai, bien sûr que je l’ai vu ». Et au ciné en plus ai-je oublié de murmurer. J’étais jeune, 15 ans, il y a prescription maintenant. C. elle aussi se souvient : un poster « acheté exprès », pourquoi on ne le saura pas, de Brad grandeur nature dans son rôle dans Légendes d’Automne (d’à peu près Jim Harrison). Film mythique, enregistré sur bande magnétique. Visionné, re-visionné, arrêts sur image. Le vent des grandes plaines va bien à Brad. Brad s’énerve, Brad casse des trucs, Brad aime à la folie ou pas du tout, Brad s’en va, revient, Brad porte des tricots de peau et des bretelles, Brad prend son bain en pleine nature, Brad est born to be wild. En sous-sol, castagneur, pornographe, misogyne, crade et sanguinolent, Brad garde le cap et reste über classe. Gardera, gardera pas le marcel, le suspense, mesdames, le suspense. Quoi la physique quantique (non, pas cantique) ? Quoi la fission nucléaire ? On vous parle du corps de Brad* là (*prénom ridicule au demeurant), ça vous arrive d’être sérieux deux secondes ? J’en ai trop dit. C. aussi. Plus d’alibis. Tout s’enchaîne vite, place à la rétrospective. Oui, il m’est arrivé de regarder un film parce que… Parce que Benicio. Oui, j’ai remarqué la « présence » de Robert D. Jr, oui, oui et oui Jude L. a (plus ou moins) influencé mon envie de voir Closer. La conversation est fluide, les masques rangés à la va vite dans les sacs à main. On a les même souvenirs, idem pour les « chocs visuels ». Déboule alors sur le tapis la légende, le monument, le souvenir de : Olivier M. in Le Hussard sur le toit. On touche au sublime, C. me le confirme. Passion amoureuse et choléra ravageur. Olivier M. alias Angelo est le hussard, Juliette B. LA femme. Il la rencontre en courant sur les toits, enfin pas vraiment mais ceci entraîne cela quoi. Angelo ne parle pas beaucoup, frise l’autisme mais a un regard et un brushing. C’est un fou, prêt à tout, même au pire je-me-retourne-et-je-te-jette-un-regard-qui-en-dit-long. Il est italien, Angelo, il a le sang chaud. La spectatrice a deux choix. Détester Juliette B. ou la détester. On a préféré imaginer l’espace d’un instant que « nous c’est elle » et que « elle » c’est donc personne. A ce stade de confessions inutiles, il me faut légitimer « le truc », sortir la tête haute de cette vase immonde de romantisme gnangnan parfumée à la violette. J’ai une excuse. J’ai été intoxiquée au toc le plus exalté dès mon plus jeune âge. Voilà le tableau : Ma grand-mère, 75 ans, femme respectable génialement hystérique, visionneuse compulsive et épanouie de la série des Sissi. Moi, 8 ans, je deviens vite « Sissi addict », émerveillée par cette femme « aux yeux qui brillent » capable de supporter durant 4 épisodes x 1h30 une coiffure alambiquée et lustrée avoisinant les 10 kg (Sissi pas ma grand mère). Elle me le précisera plus tard (ma grand-mère pas Sissi) : il faut souffrir pour être potable. Très vite ma sœur, 4 ans à l’époque, succombe elle aussi à la sirène tyrolienne, Sissi un peu cloche from Tyrol. C’est la spirale, on teste nos limites, poussant même le vice jusqu’à apprendre certains dialogues par cœur. Avez-vous déjà vu une gamine de 4 ans déclamer, l’air inspiré, du « Sissi face à son destin » dans son petit pyjama jaune poussin et ses pantoufles lapins ? Non ? Moi si. Lors de ces séances du mercredi après-midi, dans le salon familial plongé dans l’obscurité (les dents immaculées de Sissi font office de lumière d’appoint) règne le non-dit. Pourquoi ? Oui pourquoi ma grand-mère a t-elle fait de Sissi une religion ? Pour des raisons strictement professionnelles m’a t-on longtemps laissé croire. Sissi = « belles robes » = source d’inspiration pour elle, couturière fantasque effleurant les tissus mais brassant dans la vie. Elle me dira plus tard de but en blanc : « mais pas du tout, si je regarde tu penses bien que c’est pour Franz ». Sissi elle n'a jamais pu l'encadrer. Franz, alias François-Joseph, mari autrichien propre sur lui de Sissi, l’Impératrice. Il sourit Franz, il dit des trucs gentils mais a des yeux aussi expressifs que ceux d’une truite à la débine. François-Joseph s’énerve parfois, hoche la tête (gominée la tête, lisse, ultra lisse la tête) pour manifester son désaccord. Il est serviable l’animal et serait prêt s’il le fallait (le scénario ne lui en donnera pas l’occasion) à se débarasser de sa veste lestée de 25 kg de médailles (il est vachement fort à la guerre) pour courir réparer à même la boue une roue de carrosse récalcitrante. Mais la vérité est ailleurs, je dois l’avouer. A l’époque, Franz je ne le « calculais » même pas (Franz lui-même, au début de l’Histoire, ne calcule pas Hélène en robe jaune bouton d'or et chevelure de jais, jolie comme un cœur mais sœur de Sissi, éperdue d’amour pour Franz-ultra-lisse, amour fou qui la poussera à épouser, par dépit, un autre autrichien aussi insipide qu’une bouteille de limonade Monop' éventée). C’est un peu compliqué, il faut s’accrocher. Moi je n’avais d’yeux que pour le Comte Andrassy. Le « si » il faut le prononcer « zi » l’air franchement transporté. Un insoumis (il est hongrois), 1,80 de charisme, claquant les portes à l’occasion, montant sur ses grands chevaux dès que le cœur lui en dit, ne parlant que par phrases courtes, viril à point, secrètement amoureux de Sissi qui « ne le calcule pas » ou tout du moins fait comme si. C’est tragique ce gâchis. A 8 ans je réalise que Sissi est un peu conne. La suite me donnera raison. - Attention phrase lourde - J’ai en stock d’autres explications légitimant le contenu léger de ce post susceptible de briser à jamais l’image de marque que je n’ai jamais eu. Elevée au 36ème degré et dans le culte lucide du navet, du nanar de qualité, les excuses j’en ai et à gogo. Il était temps de me libérer de ce poids. J’ose le dire, j’ai (aussi) regardé la saga « Angélique ». Michelle Mercier, apprentie Bardot v/s Robert Hossein. Michelle est Angélique Marquise des anges (ne me demandez pas pourquoi nous risquerions de nous perdre dans les méandres d’un scénario inexistant), Robert est Geoffrey, Geoooofffffreeey dira plus tard Angélique, aux anges, définitivement conquise par la charme du Comte de Peyrac (particule élémentaire de son Geoooofffffreeey). Nicolas, garçon de ferme sans particule, serra lui largué par la Marquise dès le début de l’intrigue, il en perdra d’ailleurs un œil (ne me demandez pas pourquoi), ce qui n’est pas plus mal car cela le rendra par la suite plus sexy (il a la rage et un foulard à la pirate après « l’accident », quoi comment ça je suis un peu bizarre ?). Vous ne comprenez plus rien ? A la bonheur (bonne heure), nous pouvons donc enchaîner : autant le dire tout de suite, Angélique est super canon (pour l'époque) même Louis XVIII, toutes moustaches dehors, en perd son latin et dit des trucs du genre : « vous êtes insolente, j'aime cela ». Jean Rochefort (si, si en personne avec sur la tête, pour les besoins historiques du film, une peau de Caniche en guise de perruque) est lui aussi accro à la « Angélique Touch ». Le bougre en pince grave* (*« pince grave » j’essaye de rendre l’histoire plus « actuelle » vous me suivez) pour la Marquise des Anges, six couches de fond de teint fixées au vernis, blush tendance peinture de guerre, faux cils touffus et cartonnés, chignon indestructible de couleur indescriptible, bouche ou plutôt moue boudeuse, poitrine comprimée parce qu’il faut que ça pigeonne, ma pauvre dame, que ça pigeonne grave* (*serais-je gagnée par le jeunisme le plus primaire ?). Bref (mon mot). Angélique est comme ça, belle au naturel. Jean Rochefort est tellement troublé qu’il en deviendrait presque agressif. Elle est blessée la bestiole, en plein cœur (non, pas le caniche qu’il a sur la tête, lui il est mort avant le film). Mais la marquise s’en fout, elle n’a d’yeux que pour le Comte. Au début pourtant, entre eux, ça commence mal. Geoffrey n’est pas assez « beau gosse » à son goût* (*il faut supposer que malgré son maquillage et ses faux cils Angélique parvient à voir ou tout du moins distinguer quelques formes et couleurs). Peyrac est atypique : il boite, est balafré (il est très, très fort à la guerre), porte des chemises blanches à jabots et des cuissardes en cuir noir. Forcement Angélique a un peu peur. En pleine crise de désespoir* (*au départ c’est un mariage forcé) elle court se jeter sur le lit nuptial pour sangloter à sa guise face caméra dans son déshabillé de soie bleu ciel. Moi (9 ans) et ma sœur (5 ans) sommes captivées. Mais que font les parents ? C’est alors que Geoffrey décide de mettre le paquet. Il la joue gentleman, « ne la force pas », se contente de lui toucher les cheveux à l’occasion avec dans les yeux une lueur d’amertume, digne, super signe l’amertume tendance feu de détresse. On le voit s’éloigner jusqu’à la porte de LA chambre, boitillant (le pôôôôvre), puis se retourner pour la regarder. Inspiré le réalisateur* (*ah il y a aussi un réalisateur ?) enveloppe alors THE balafre d’une effet fou et flou à la David Hamilton, le rendu est plus glamour, manque plus que les larmes naissantes et étincelantes genre « là, tu vois, tout de suite, maintenant, je vais chialer à cause de toi ». Moi (9 ans) et ma sœur (5 ans) sommes très peinées de voir le viril Geoffrey submergé par le chagrin, digne le chagrin, super digne (il en a bavé, il boite et il est balafré, jolie la balafre, elle ira d’ailleurs en s’atténuant au fil de la saga). Bon finalement la bougresse finira par céder, découvrant le potentiel érotique de Geoffrey lors d’une soirée arrosée (signe qui ne trompe pas : rire bruyant combiné à un balancement de tête choucroutée en arrière) en compagnie de l’archevêque et de son staff (ne me demandez pas pourquoi). Geoffrey est vachement sulfureux ce soir-là (regards dits de braise, "allusions" et tout et tout) et Angélique adore "ça". Moi (9 ans) et ma sœur (5 ans) sommes soulagées. Les dégâts psychologiques engendrés par ce genre de pratiques cinématographiques sont bien entendu irrémédiables. Après ces explications, inutile de vous re-préciser que ceci explique cela. | |