| Mon sitcom | |||
| 21-04-05 There's a new man in town
- Ce post contient de nombreux clichés et autres stéréotypes - - Vous êtes priés de ne pas déborder des cases ou de faire comme si merci - En ce moment je mène une enquête. Je m’intéresse. J'étudie les NOUVEAUX MALES* (*l’emploi de la fonction majuscule a pour but de souligner le caractère supposé terrifiant du phénomène). Je sais déjà que l'homme nouveau a ses icônes (David B., Ariel W., Edouard B...), il a même un nom : METROSEXUEL* (*oui je sais, on sait). Un mot à la mode qu’il est de bon de glisser négligemment dans une conversation en se demandant (à haute voix) si finalement le phénomène métro’* (*vous êtes un initié, vous pouvez vous permettre certains audacieux raccourcis) n’est pas finalement qu’une forme évoluée* (*restez évasif afin de créer la connivence) de dandysme. Je vous laisse méditer. L'homme nouveau semble très codifié, donc facile à repérer. Il est le sujet d'articles de fond, l'objet de théories, de typologies plus ou moins approfondies (il existerait différents types d'hommes métro'). L'homme nouveau est là, au centre de toutes les attentions. Ken a été prié de débarrasser le plancher, there's a new man in town. Malgré mes connaissances de base sur le sujet, j’ai encore beaucoup de lacunes et du temps à rattraper. Trop occupée. Entourée d'hommes "normaux", et autres Aldo désespérement "old school", j’ai bien failli ne pas voir le mâle arriver* (*le nouveau mâle permet tous les jeux de mots approximatifs mais drôles quand même : bien mâle, fais moi mâle, le mâle est en vous, les nouvelles forces du mâle...Les possibilités sont infinies). Après lecture de la presse spécialisée, je décide de passer à la phase " terrain ". Dans le bus, depuis ma fenêtre, dans les bars, au resto, dans le métro. Je cherche, je fais le tri. Deux colonnes. Les nouveaux bonhommes. Les anciens. Dans certains cas c’est facile. Il y a des critères éliminatoires. L’absence de port du déodorant s'avère être fatale. Le port non réglementaire d’une chemise à petit carreaux vichy ou d’une coupe de cheveux en brosse "non structurée" le sont tout autant. Une conclusion : n’est pas homme neuf qui veut. On ne se réveille pas nouveau mâle, comme ça, un beau jour, dans son pyjama Bart Simpson, tranquillement installé devant la télé en train de déguster ses Chocopops. Dans d’autre cas, rendre un verdict est plus délicat. Il faut savoir se poser les bonnes questions : ce type, là-bas, portant une veste vintage, a t-il pleinement conscience de la portée de son acte, souhaite t-il ainsi démontrer qu’il sait " jouer avec les styles et créer SA mode " ou bien n’avait-il en fait que cette veste à se mettre ? Et cet autre gars, là, assis à mes côtés, a t-il choisi seul son parfum ou bien est-ce sa femme/petiteamie/maman qui l’a encouragé à tester-le-petit-échantillon. Le mystère reste entier, les nouveaux hommes sont parmis nous, c'est sûr, mais où? Il est temps de formuler quelques hypothèses. Hypothèse n°1 : L'homme nouveau fait tout comme avant mais en mieux habillé. Il n'est pas/plus du genre à combattre un ours à mains nu simplement vêtu d'un Levi's 501 et d'une chemise de bûcheron aux manches sommairement arrachées* (*parce qu'il faisait chaud tout à coup) à l'aide d'un canif Laguiol rouillé* (*parce qu'il n'avait que ça sous la main). Comprenons nous bien. L'homme nouveau peut sans problème provoquer en duel un atroce animal sauvage velu et assoiffé de sang mais plus dans n'importe quelles conditions vestimentaires. Parce que le mythe du Ken à la mâchoire carrée et aux yeux couleur bleu océan en Levi's 501 ça va bien hein, maintenant...Après des années d'oppression, l'homme a décidé de briser la loi du silence : non, il ne veut plus porter de 501, oui parce que ça ne flatte pas sa silhouette. Le nouveau mâle a certaines exigences et revendique vaillamment l'égalité vestimentaire. C'est beau un homme qui a des idéaux. Hypothèse n°2 : L’homme nouvelle génération s'épanouit dans la subtilité. Calculée, la subtilité, à l'ourlet près. Tout est dans le détail. Prenez garde mesdames, la masculinité peut se nicher dans le revers d'une veste aux motifs audacieux, dans une branche de lunette, dans le détail d'un lacet, d'une chaussure, d'une mèche rebelle...Nous sommes dans le registre de l'infime, du suggéré, ni trop peu, ni pas assez. Merci de marcher sur la pointe des pieds. Un vendeur averti des Galeries F. me fait comprendre qu'il y a certaines "limites" que le métrosexuel n'ose pas encore franchir, histoire de ne pas passer...Comment dire..."De l'autre côté". On discute. Il illustre ses propos par un cas d'école, Un tee-shirt rose à manche longue, " oui, celui-ci, avec des boutons nacrés sur l'avant, une très belle finition ". L'homme est passionné. Il se dit heureux de l'évolution des mentalités, " parce qu'il y a encore quatre ou cinq ans c'était pas encore ça...", mais rencontre des " problèmes " avec ce tee-shirt. " Parce que le rose - même très pâle - c'est pas évident ", " il y a la peur, vous savez quoi...Comment dire...de paraître efféminé ". Le mot est lâché. Ca y est. L'homme nouveau est parfois hanté par de vieux démons. Cette peur de cour récré, la trouille d'être montré du doigt, la hantise du "han l'autre t'as vu il porte des vêtements de meuf". Note pour plus tard : éviter d'aborder certains "sujets" en présence d'un homme nouvelle recette. Je continue mon exploration dans les rayons. Je suis alors le témoin d'une scène que l'on croirait tournée en mon honneur. Un homme, la trentaine. Une vendeuse, convaincue. Il cherche un pantalon. Le lui fait savoir. Elle lui présente les modèles. Et puis surgit LE pantalon. Violet, à carreaux, coupe cigarette, un rien délavé, pour dandy urbain qui sait porter le violet et l'écossais avec une élégance nonchalante savamment étudiée* (*voilà ce qu'aurait pu dire le dépliant). Un pantalon-concept, un pantalon-à-histoire. Le genre de pantalon à évincer tous les autres, le style un seul pantalon vous manque...Et c'est votre penderie qui tire la tronche. Un pantalon-poème quoi. L'homme a alors ce petit rire. Ce rire de mécréant, de celui qui ne sait pas, du gars qui n'a pas compris qu'il faut au plus vite foncer dans la rame avant que le phénomène métro' ne lui file sous le nez. Il rit alors franchement et demande : " Mais ce pantalon c'est pour hommes vous êtes sûre? ". Consternation de rigueur du côté de la vendeuse. Moment de flottement. Un ange passe, mal fringué l'ange. David B., par pitié, priez pour cette brebis égarée. A ce stade de l'enquête, j'ai alors la chance de rencontrer un des représentants du " phénomène ", un homme quoi, nouveau l'homme : Il est élégant l'homme nouveau, bien de sa personne. Toujours de bon ton, les bonnes chaussures, la bonne expression, la bonne couleur, le bon moment. L'homme est aussi séducteur. Quand l'homme nouveau a chaud il effectue un jetée de veste-militaire-détrournée des plus impressionnants et décoiffe sa coiffure-décoiffure d'un geste las. A touch of panache. Il peut également prodiguer quelques précieux conseils, à vous, pauvre femme, pauvre gourde pas assez à l'affût des dernières tendances. L'homme nouveau sait ce qu'il veut. Il réfléchit à sa prochaine tenue, " pour un mariage au mois de juin ", il a déjà une idée en tête. L'homme nouveau est comme ça, prévoyant. Et puis au milieu de ce tourbillon de nouveauté, il y a les résistants. Ceux par qui la chaussette tirbouchonnée, le tee-shirt engagé dans le pantalon, le pantalon "feu au plancher" arrivent. Celui qui demande sincèrement étonné : " bah, quoi, vous avez quoi contre le bleu et le violet? ". L'homme ancien n'a que faire des subtilités de matières, des variations de couleurs et autres effets de manches. Il ne rêve pas de paires de chaussures au point d'en perdre le sommeil, ne pense pas le soir à sa tenue du lendemain (ou bien si mais en secret). Anciens/nouveaux. Le match est annoncé. Une question soudain, angoissante : " quelle couleur les maillots? " - " Et le Bachelor alors, ancien ou nouveau? " - " Non simplement macho." |
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